29 juin 2026

L’État empêché, sortir de l’impasse du financement social

Mes deux précédents textes ont suscité une critique récurrente : en questionnant le financement de la protection sociale et le rôle du travail, je porterais en réalité une remise en cause de l’État lui-même. Cette interprétation mérite d’être prise au sérieux, car elle n’est pas sans fondement. Mais elle passe à côté de l’essentiel. Ce que je propose n’est pas de réduire l’État, mais de le libérer de ce qui, aujourd’hui, l’empêche d’exercer pleinement sa fonction politique.

Non, je ne veux pas la disparition de l’État. Je veux qu’il cesse d’être empêché d’agir.

Derrière la crise des retraites, une erreur fondamentale sur le travail.

On nous répète que les retraites coûtent trop cher. Et si c’était notre définition du travail qui nous coûtait si cher ? Derrière la crise des retraites, une erreur fondamentale sur le travail.

27 juin 2026

Une économie sous perfusion publique

Depuis plus de deux siècles, l’économie française s’inscrit dans un cadre hérité du Code civil de 1804. Ce cadre, que l’on peut qualifier de « modèle napoléonien », continue de structurer en profondeur notre organisation économique et sociale. Fondé sur une définition juridique de la société comme mise en commun de biens en vue de partager des bénéfices, ce modèle a façonné une économie centralisée, hiérarchisée et orientée vers le profit.

Tempéré par le mouvement social qu’il a généré dans les années 1950, il a subi des transformations, depuis le milieu des années 1980, qui ont profondément modifié son fonctionnement. Loin de disparaître, ce modèle s’est durci dans certains aspects, au point de fragiliser à la fois les travailleurs - salariés comme indépendants -et les finances publiques.

Travail captif ou travail choisi : sortir du modèle napoléonien

Héritée du Code civil de 1804, l’économie française reste structurée par un modèle napoléonien fondé sur la subordination du travail au capital et une intervention massive de l’État. Au fil des décennies, ce modèle s’est mué en un capitalisme sous perfusion publique, qui fragilise les travailleurs et creuse la dette. Face à cette impasse, le modèle Condate ouvre une brèche : sécuriser le revenu, libérer l’emploi et refonder la production sur le travail lui-même.

21 juin 2026

Notre économie ne tient plus : le piège invisible des "aides" et des "allégements"

À force de considérer les salaires comme un coût et les aides aux entreprises comme une solution, nous avons inversé la logique même de l’économie. Et créé un système qui ne tient plus que par perfusion.

20 juin 2026

La théorie des flux en économie

Réduire les cotisations, distribuer des aides, espérer le ruissellement : la politique économique française repose sur un pari. Un pari qui coûte des milliards — et qui échoue à faire circuler la richesse.

17 juin 2026

Travail : contre la précarisation, refonder les droits.

Face à l’extension des formes d’emploi précaires et à la fragmentation des droits, le « nouveau statut du travail salarié » porté par la CGT propose une rupture : sécuriser les parcours en attachant les droits à la personne plutôt qu’au contrat. Une refonte ambitieuse qui entend faire de la lutte contre la précarisation un principe structurant du modèle social.

12 juin 2026

Le 54e congrès de la CGT


La CGT a tenu son 54e congrès à Tours du 1er au 5 juin : Cinq jours de débats entre la direction sortante, le CCN* et un millier de délégués mandatés à la fois par leur fédération et leur union départementale et choisis en fonction du nombre d'adhérents par fédération, de façon à assurer la diversité en termes de catégories professionnelles, de secteurs d'activité, de contrats contrats de travail et d'expériences diverses dans la CGT, avec une attention particulière portée à la parité et aux retraités.

Le congrès a validé les quatre documénts présentés : le rapport d'activité, le rapport financier, le rapport de la commission financière de contrôle et le projet de document d'orientation. Il a élu la commission exécutive confédérale (CEC) et la commission financière de contrôle (CFC). Un article de NVO.fr en donne les points forts.

8 juin 2026

Qu'est-ce que les lumières ?

"Qu'est-ce que les Lumières ?" Le philosophe Emmanuel Kant a proposé une réponse dans son texte de 1784. Ainsi, que retrouve t-on des Lumières dans les Révolutions démocratiques américaine et française ? Quelle vision les Lumières avaient-elles du monde non occidental ?
[France Culture, du 26 au 29 janvier 2026]

5 juin 2026

Les objectifs de la droite et de la gauche sont inconciliables.

La lutte des classes n'est pas une guerre ethnique, mais les objectifs entre la droite et la gauche sont bien inconciliables et portent d'abord sur la vision qu'elles ont de l'entreprise :

  • La droite considère que la valeur ajoutée appartient aux propriétaires du capital initial et des augmentations de capital successives;
  • La gauche considère que la valeur ajoutée appartient au collectif de travail parce que c'est lui qui la produit et qui fournit l'excédent d'exploitation à l'entreprise : cet excédent constitue la cotisation économique du collectif de travail.

La superstructure installée au début du 19ème siècle a infligé une énorme souffrance sociale que le mouvement social a réussi à maîtriser. Après 150 ans, au sortir de la deuxième guerre mondiale, le "marché" a pu été contrôlé par une forte présence publique.

Mais la révolution néolibérale théorisée dans les années 1970 et mise en place au milieu des années 1980 a donné  aux "ultrariches" une puissance qu'ils emploient aujourd'hui à détruire le droit et la démocratie. Il est temps de changer de modèle.

Liberté et égalité ne sont pas contradictoirs comme le prétend la droite. L'égalité est nécessaire à la liberté pour lutter contre la domination liberticide.

Chaque jour, des digues sautent...


Sophie Binet CGT