4 juil. 2026

Pour une doctrine des flux : sortir de l'impasse du "coût du travail".

Depuis plus de trente ans, la France poursuit une étrange politique économique : retirer des milliards d'euros aux mécanismes qui font circuler les revenus, puis dépenser davantage encore pour réparer les déséquilibres créés par ces retraits.

Au nom de la compétitivité, nous avons réduit les cotisations sociales. Au nom de l'efficacité, nous avons multiplié les aides publiques aux entreprises sans toujours exiger de contreparties. Au nom de la modernisation, nous avons progressivement remplacé un système fondé sur la circulation des revenus par un système fondé sur l'accumulation des patrimoines et l'espoir du ruissellement.

Les résultats sont désormais visibles : croissance molle, déficits commerciaux chroniques, dépendance croissante aux transferts publics et sentiment diffus d'appauvrissement malgré des niveaux de richesse nationale historiquement élevés.

Et si nous nous trompions de diagnostic depuis le début ? Et si le véritable problème n'était pas la production de richesse, mais son incapacité croissante à circuler ?

2 juil. 2026

Pour une véritable socialisation de la protection sociale.

Et si nous avions oublié ce qu’était vraiment la Sécurité sociale ?

Non pas un dispositif géré par l’État, mais une conquête politique radicale : celle d’un pouvoir des travailleurs sur une part décisive de la richesse produite. Une institution où le salaire, la santé et la protection contre les risques ne relevaient plus du marché, mais d’une gestion collective par les premiers concernés.

Aujourd’hui, ce projet s’efface. À bas bruit. Au nom de la maîtrise des dépenses, de la rationalité budgétaire ou de l’équilibre des comptes.

29 juin 2026

L’État empêché, sortir de l’impasse du financement social

Mes deux précédents textes ont suscité une critique récurrente : en questionnant le financement de la protection sociale et le rôle du travail, je porterais en réalité une remise en cause de l’État lui-même. Cette interprétation mérite d’être prise au sérieux, car elle n’est pas sans fondement. Mais elle passe à côté de l’essentiel. Ce que je propose n’est pas de réduire l’État, mais de le libérer de ce qui, aujourd’hui, l’empêche d’exercer pleinement sa fonction politique.

Non, je ne veux pas la disparition de l’État. Je veux qu’il cesse d’être empêché d’agir.

Derrière la crise des retraites, une erreur fondamentale sur le travail.

On nous répète que les retraites coûtent trop cher. Et si c’était notre définition du travail qui nous coûtait si cher ? Derrière la crise des retraites, une erreur fondamentale sur le travail.

27 juin 2026

Une économie sous perfusion publique

Depuis plus de deux siècles, l’économie française s’inscrit dans un cadre hérité du Code civil de 1804. Ce cadre, que l’on peut qualifier de « modèle napoléonien », continue de structurer en profondeur notre organisation économique et sociale. Fondé sur une définition juridique de la société comme mise en commun de biens en vue de partager des bénéfices, ce modèle a façonné une économie centralisée, hiérarchisée et orientée vers le profit.

Tempéré par le mouvement social qu’il a généré dans les années 1950, il a subi des transformations, depuis le milieu des années 1980, qui ont profondément modifié son fonctionnement. Loin de disparaître, ce modèle s’est durci dans certains aspects, au point de fragiliser à la fois les travailleurs - salariés comme indépendants -et les finances publiques.

Travail captif ou travail choisi : sortir du modèle napoléonien

Héritée du Code civil de 1804, l’économie française reste structurée par un modèle napoléonien fondé sur la subordination du travail au capital et une intervention massive de l’État. Au fil des décennies, ce modèle s’est mué en un capitalisme sous perfusion publique, qui fragilise les travailleurs et creuse la dette. Face à cette impasse, le modèle Condate ouvre une brèche : sécuriser le revenu, libérer l’emploi et refonder la production sur le travail lui-même.