5 août 2026

L'Humatinale du 5 août 2026

Sébastien Lecornu est content de lui. Il n’en finit plus de s’autocongratuler. La réponse de son cabinet aux incendies qui ravagent le pays après une succession de canicules historiques est « à la hauteur », se flatte-t-il. Et pas une ombre ne doit venir ternir ce panégyrique de l’action gouvernementale. À la moindre critique, il lui faut cogner. Même sur les habitants anéantis du Porge prêts à porter plainte pour obtenir des réponses sur la chaîne de responsabilité qui a laissé leur village de Gironde sans défenses suffisantes face aux flammes. Ceux-là, accuse le premier ministre sans un mot d’empathie, ne seraient que des pantins manipulés par des « complotistes ». Tant de morgue, devant ces vies réduites en cendres.

La responsabilité des gouvernements qui se sont succédé sous la présidence d’Emmanuel Macron est pourtant accablante. L’exécutif lui-même constatait, dans les conclusions sans appel du Beauvau de la sécurité, en 2025, « un déficit d’anticipation stratégique et de gouvernance budgétaire », avec des ressources humaines, matérielles et financières « mobilisées de manière réactive, selon une logique de court terme ». Résultat : une « gestion à courte vue » créant une « tension permanente sur les moyens » et limitant « la capacité à répondre efficacement aux crises de grande ampleur ou à répétition ».

Le financement des Sdis, dépendant de collectivités locales exsangues, est, alertait encore le rapport issu de cette concertation, « à bout de souffle », laissant les pompiers désarmés alors que le nombre de leurs interventions a crû de 33 % en vingt ans, en raison d’incendies de plus en plus fréquents, de plus en plus violents, sur une aire beaucoup plus vaste, avec une saison des feux toujours plus étendue.

Près de 120 000 hectares ont déjà brûlé en France en 2026, trois fois plus que l’an dernier, avec des conséquences désastreuses sur les humains, la faune, la flore, les paysages, l’économie. Dans l’enfer de cette nouvelle ère climatique, seule une politique sérieuse de planification écologique pourrait protéger le vivant. Ni Lecornu, avec ses anathèmes, ni sa ministre Barbut, qui se prélasse sur les transats de sa résidence du Var, n’y songent. Ils sont trop accaparés par la sauvegarde des intérêts des plus riches.

Rosa Moussaoui
Rédactrice en chef de l'Humanité

31 juil. 2026

L'Humatinale du 31 juillet 2026

C’est une petite musique qui monte chez les éditorialistes de droite. L’action spontanée des Girondins pour aider les pompiers à sauver des flammes ce qui peut l’être tout comme leur solidarité envers leurs compatriotes en détresse seraient la preuve d’un État dépassé, certes, mais également du fait qu’on ne peut pas tout attendre de ce dernier.

30 juil. 2026

Les qualifications

Aucune société ne peut durer sans femmes et hommes qualifiés pour produire, enseigner, soigner, construire, entretenir et innover. Le modèle Condate place cette réalité au cœur de son analyse : la véritable richesse d'une économie réside moins dans les patrimoines accumulés que dans les capacités humaines qu'elle est capable de former, de transmettre et de mobiliser au fil du temps. Les qualifications apparaissent ainsi comme un pilier fondamental de la continuité économique et sociale.

27 juil. 2026

L'Humatinale du 27 juillet 2026

Sous nos yeux se dessine brutalement, en cet été 2026, une préfiguration effrayante de notre avenir. Le changement climatique est passé des concepts des rapports du Giec à la réalité du quotidien.

20 juil. 2026

CONDATE - Une économie pour durer.

Nous vivons dans un monde qui sait produire toujours plus, mais qui peine à préserver ce qui rend cette production possible : le travail humain, les connaissances, les ressources naturelles, l'énergie, les infrastructures et les liens sociaux.

19 juil. 2026

Du salaire à l'héritage, une nouvelle fiscalité

Et si l'impôt cessait de mesurer ce qu'une personne possède pour mesurer plutôt ce qu'elle a déjà reçu ? Derrière cette question se dessine une réforme fiscale radicale : simplifier l'imposition des revenus, distinguer le travail de la rente et remplacer les droits de succession par un système universel fondé sur le cumul des dons et héritages reçus au cours d'une vie.