22 févr. 2021

Le salaire d'un étudiant en parcours de formation initiale doctorant

Tout en proclamant sa solidarité avec sa consoeur ministre Frédérique Vidal au sujet de l'enquête pour "islamo-gauchisme" au sein du CNRS, Gabriel Attal rappelle que "la priorité du gouvernement, c'est évidemment la situation des étudiants dans la crissanitaire, c'est évidemment la possibilité d'apporter un soutien financier aux étudiants en difficultés, [...].". Mais Bruno Le Maire refuse catégoriquement de faire des étudiants, des assistés!

14 févr. 2021

Projets de société à gauche

"Au cours de la crise sanitaire, l'Etat a socialisé les salaires avec le chômage partiel. mais précaires, auto entrepreneurs et intermittents n'ont pas bénéficié de son intervention," Quant aux indépendants…  "Le revenu universel, parce qu'il reconnaît à chaque membre de la communauté le droit à l'existence, le permet. Il permet la reconnaissance de toute forme de travail, même non rentable. Il donne la possibilité à chacun de construire un projet de vie utile à la société, conforme à ses talents". [Sophie Taillé-Folian]

"Plutôt que de se demander quel serait l'intérêt d'un revenu attribué à tout individu quelle que soit sa situation, revenu qui risque d'être insuffisant pour des millions de personnes, mieux vaut s'interroger sur les raisons" de cette si grande inégalité des salaires. La valeur ajoutée est utilisée pour alimenter les salaires (2/3) et les profits (1/3). Dépendant totalement de l'employeur, le travail subit une telle pression que les exclus sont de plus en plus nombreux et les salaires de plus en plus contraints pour augmenter les profits confisqués par le capital. "En s'attaquant à ce coût du capital, on peut créer les conditions pour que tout un chacun participe à la création de richesses." [Pierre Ivorra]

"Avec un financement fiscal, [le revenu universel] constitue une aubaine pour les entreprises qui disposeront d'une main-d'œuvre à laquelle imposer petits boulots et autoentrepreneuriat! C'est le marché du travail qu'il faut supprimer, et cela passe par un changement du statut économique des personnes qui fasse du salaire un droit politique." [Bernard Friot]

L'Humanité des débats des 12, 13 et 14 février 2021, 

26 janv. 2021

La démocratie radicale

"Nous pouvons nous traiter les uns les autres avec dignité, respect, nous traiter comme voisins plutôt que comme adversaires, arrêter de crier et de hurler pour faire redescendre la température, […]", a déclaré Joe Biden lors de son investiture. Soumis aux anathèmes lancés sur les réseaux sociaux, la démocratie est-elle soumise à cette espèce de jugement de dieu qui donnait raison au vainqueur du duel et allait jusqu'à la mise à mort du perdant?

22 janv. 2021

L'Esprit du macronisme

paru le 21/01/2021

L'esprit du Macronisme ou l'art de dévoyer les concepts
de Myriam Revault d'Allonnes au éditions du Seuil

Emmanuel Macron avait invité les chômeurs à « traverser la rue » pour trouver un travail. Il définissait alors l'individu comme un acteur non seulement solitaire mais aussi rationnel et calculateur, tout à fait informé des conséquences de ses actes. Or cet individu n'existe pas, personne n'est le coach de soi-même et la nation n'est pas une « start up », sinon dans ce certain discours managérial et comptable qu'Emmanuel Macron a repris à son compte et qui le rend dupe du mirage d'un « nouveau monde ». Car le sujet-citoyen n'est pas celui qui se montre « capable » seul, mais celui qui, avec d'autres, ouvre à rendre possible telle ou telle option, pour chacun ; l'individu autonome n'est pas un bloc d'intérêts et de concurrence mais celui qui sait ce qui le relie aux autres.

L'autonomie, la responsabilité ou la capacité sont des notions qui n'ont de sens que comprises comme porteuses d'une tension : elles relèvent la discordance entre une problématique de séparation (l'indépendance des individus) et d'intégration dans la communauté. Autrement dit, il existe un endettement réciproque entre l'homme et le social. C'est pourquoi, loin d'être anodin, ce propos sur les chômeurs ou celui sur le « pognon de dingue » trahissent, et engendrent, des lectures simplifiantes et univoques du monde social. Devant un tel dévoiement, Myriam Revault d'Allonnes reprend à nouveaux frais ces notions fondamentales pour en montrer la profondeur, les paradoxes et la puissance.

Dans la même veine que le travail qu'elle avait mené sur le sarkozysme dans L'homme compassionnel (2008), cette grande philosophe du politique donne, une fois de plus, une leçon de clarté et de rigueur sur un sujet d'actualité.