Depuis plus de trente ans, la France poursuit une étrange politique économique : retirer des milliards d'euros aux mécanismes qui font circuler les revenus, puis dépenser davantage encore pour réparer les déséquilibres créés par ces retraits.
Au nom de la compétitivité, nous avons réduit les cotisations sociales. Au nom de l'efficacité, nous avons multiplié les aides publiques aux entreprises sans toujours exiger de contreparties. Au nom de la modernisation, nous avons progressivement remplacé un système fondé sur la circulation des revenus par un système fondé sur l'accumulation des patrimoines et l'espoir du ruissellement.
Les résultats sont désormais visibles : croissance molle, déficits commerciaux chroniques, dépendance croissante aux transferts publics et sentiment diffus d'appauvrissement malgré des niveaux de richesse nationale historiquement élevés.
Et si nous nous trompions de diagnostic depuis le début ? Et si le véritable problème n'était pas la production de richesse, mais son incapacité croissante à circuler ?