La lutte des classes n'est pas une guerre ethnique, mais l'opposition entre la droite et la gauche est bien inconciliable et porte d'abord sur la vision qu'elles ont de l'entreprise :
- La droite considère que la valeur ajoutée appartient au propriétaire du capital initial et des augmentations de capital successives;
- La gauche considère que la valeur ajoutée appartient au collectif de travail parce que c'est lui qui le produit.
Les difficultés que rencontre la gauche aujourd'hui ne viennent-elles pas de son incapacité à assumer la transformation de la société exigée par son fondement ?
La droite : le monde tel qu'il est.
La loi qui institue l'entreprise ne crée pas l'objet "entreprise", mais seulement la société (d'actionnaires) comme un contrat entre personnes qui "conviennent de mettre quelque chose en commun, dans la vue de partager le bénéfice qui pourra en résulter." [Code civil des Français 1804/Livre III, Titre IX]
![]() |
| Le modèle napoléonien de l'entreprise |
Ce modèle est construit au début du 19ème siècle et avait pour but d'encourager l'investissement. Il a répondu à son objectif, la France s'est doté d'une infrastructure énorme (vois ferrées, cannaux, route, industrie, automobile, etc) tout au long du siècle. Mais il a ignoré les collectifs de travail dont la grande majorité des membres n'ont pas obtenu les moyens de vivre au niveau de la richesse du pays.
En un siècle et demi, l'histoire a produit un "état protecteur" qui a répondu au besoin des travailleurs. Mais dès la fin du 20ème siècle (au milieu des année 1980), le libéralisme reprend les droits que
Aujourd'hui, l'entreprise n'a aucune consistance, elle n'est constituée que de contrats passés entre la société d'actionnaires avec chaque salarié, chaque fournisseur, chaque client. Le producteur de la valeur ajoutée (le collectif de travail) n'a pas d'existence légale et ne peut pas exercer son droit d'usage de l'excédent d'exploitation.
La gauche : reconnaître l'apport des collectifs de travail.
C'est le collectif de travail qui produit la valeur ajoutée. C'est lui qui rembourse les emprunts, répare les actifs et conforte les fonds propres en apportant les reports à nouveau. C'est lui qui distribue les gratification (dividendes aux actionnaires et primes aux salariés) sur les éventuels bénéfices après avoir mis en fonds propres le report à nouveau de l'exercice.
![]() |
| Le modèle de l'entreprise à gouvernance partagée |
La gauche du 21ème siècle, si elle milite pour sortir un certain nombre de secteurs (le secteur public - éducation, énergie, transport, communication, santé, protection sociale) du "marché libre et non faussé", n'est pas la gauche du 20ème siècle qui ne parlait que de nationalisation.

