5 juin 2026

Les objectifs de la droite et de la gauche sont inconciliables.

La lutte des classes n'est pas une guerre ethnique, mais les objectifs entre la droite et la gauche sont bien inconciliables et portent d'abord sur la vision qu'elles ont de l'entreprise :

  • La droite considère que la valeur ajoutée appartient aux propriétaires du capital initial et des augmentations de capital successives;
  • La gauche considère que la valeur ajoutée appartient au collectif de travail parce que c'est lui qui la produit et qui fournit l'excédent d'exploitation à l'entreprise : cet excédent constitue la cotisation économique du collectif de travail.

La superstructure installée au début du 19ème siècle a infligé une énorme souffrance sociale que le mouvement social a réussi à maîtriser. Après 150 ans, au sortir de la deuxième guerre mondiale, le "marché" a pu été contrôlé par une forte présence publique.

Mais la révolution néolibérale théorisée dans les années 1970 et mise en place au milieu des années 1980 a donné  aux "ultrariches" une puissance qu'ils emploient aujourd'hui à détruire le droit et la démocratie. Il est temps de changer de modèle.

Liberté et égalité ne sont pas contradictoirs comme le prétend la droite. L'égalité est nécessaire à la liberté pour lutter contre la domination liberticide.

Aujourd'hui, la droite s'est trouvée un récit qui la pousse vers une extrème droite toute acquise au marché, anti-sociale, liberticide et écocide et amène avec elle un centre sans boussole autre que le "compromis" jusqu'à la compromission : contre "les extrêmes" (sous-entendu, la gauche).

La droite : le monde tel qu'il est.

La loi qui institue l'entreprise ne crée pas l'objet "entreprise", mais seulement la société (d'actionnaires) comme un contrat entre personnes qui "conviennent de mettre quelque chose en commun, dans la vue de partager le bénéfice qui pourra en résulter." [Code civil des Français 1804/Livre III, Titre IX]

Le modèle napoléonien de l'entreprise

Ce modèle est construit au début du 19ème siècle avec pour but d'encourager l'investissement. Il a répondu à son objectif, la France s'est dotée d'une infrastructure énorme (vois ferrées, cannaux, route, industrie, automobile, etc) tout au long du siècle. Mais il a ignoré les collectifs de travail dont la grande majorité des membres n'ont pas obtenu les moyens de vivre au niveau de la richesse du pays.

En un siècle et demi, l'histoire a produit un "état protecteur" qui a répondu au besoin des travailleurs. Mais dès la fin du 20ème siècle (au milieu des année 1980), le libéralisme détricote le droit du travail et abîme le secteur public.

Aujourd'hui, l'entreprise n'a aucune consistance. Elle n'est constituée que de contrats passés entre la société d'actionnaires avec chaque salarié, chaque fournisseur, chaque client. Le producteur de la valeur ajoutée (le collectif de travail) n'a pas d'existence légale et ne peut pas exercer son droit d'usage de l'excédent d'exploitation.

La gauche : reconnaître l'apport des collectifs de travail.

C'est le collectif de travail qui produit la valeur ajoutée. C'est lui qui rembourse les emprunts, répare les actifs et conforte les fonds propres. C'est lui qui distribue les gratifications (dividendes aux actionnaires et primes aux salariés) sur les éventuels bénéfices après avoir mis en fonds propres le report à nouveau de l'exercice.

Le modèle de l'entreprise à gouvernance partagée

La gauche du 21ème siècle, si elle milite pour sortir un certain nombre de secteurs (le secteur public - éducation, énergie, transport, communication, santé, protection sociale) du "marché libre et non faussé", elle n'est pas la gauche du 20ème siècle qui ne parlait que de nationalisations.

La France s'est construite sur la petite entreprise et la petite exploitation agricole, la droite républicaine a bâti son pouvoir grâce à cette population dont elle a promu . La gauche a réussi à imposer un service public fort à la fin de la deuxième guerre mondiale. 

La république n'est pas socialement neutre.

"Liberté, égalité, fraternité", c'est la devise de la République française. Nul ne saurait être libre si sa subsistance ne tient qu'à la volonté d'autrui, la charité est un outil de domination. Le seul moyen d'assurer la liberté de chacun, c'est de lui fournir les ressources qui lui permettent de vivre au niveau de la richesse commune. Le ruissellement a largement montré son incapacité tout au long de ces dix dernières années. Le salaire à vie pour chacun, quel que soit la forme ou le statut de son travail, doit être sorti de l'entreprise et calculé sur le PIB à l'aide d'une fonction dont qualification et expérience (selon temps de travail).