8 août 2026

L'Humatinale du 8 août 2026

Il y a longtemps que le gouvernement israélien s’est donné un droit de vie et de mort sur les Palestiniens. Les exemples sont nombreux depuis cinquante ans. Les bombardements indiscriminés qui ont causé des dizaines de milliers de morts à Gaza depuis le 7 octobre 2023 en sont une des multiples illustrations.

Non pas que les bombes aient totalement cessé leur œuvre de mort, puisque plus de 1 000 tués (!) sont à déplorer depuis l’annonce d’un « cessez-le-feu » en octobre 2025. Mais c’est désormais sur l’impossibilité même de la vie que le gouvernement de Benyamin Netanyahou espère « régler le problème » palestinien.

Ainsi, près d’une grossesse sur trois n’arrive pas à son terme dans l’enclave palestinienne. Comment pourrait-il en être autrement alors que les femmes manquent de tout depuis bientôt trois ans ? Le « cessez-le-feu » aurait dû servir à reconstruire un système de santé digne de ce nom, pour panser les plaies et préparer l’avenir ; mais il n’en est rien.

Au mois de mai, l’ONG Médecins sans frontières accusait déjà Tel-Aviv d’entretenir une « crise de malnutrition artificielle ». Les conséquences concrètes : la mort continue de se répandre et les pires difficultés empêchent de donner la vie. Une façon de poursuivre la guerre par d’autres moyens.

Du reste, depuis le 25 octobre, Netanyahou n’a pas desserré son emprise sur la bande de Gaza et freine des quatre fers pour appliquer un plan Trump qui n’a pourtant déjà pas grand-chose à voir avec une paix juste et durable. Ils ont tous deux des échéances électorales à venir et des intérêts qui ne sont pas tous convergents.

 On peut cependant s’interroger sur la part d’opposition réelle entre Washington et Tel-Aviv et la part de théâtre alors qu’Israël est de très loin le plus gros bénéficiaire d’aides militaires américaines depuis des décennies.

 L’avenir de la région et celui de la Palestine sont en partie tributaires de la réalité de ce pas de deux des fâcheux, puisque nombre de chancelleries ont fait vœu d’impuissance. Il y aurait pourtant tellement besoin d’actions fortes pour que la vie ait une chance de reprendre ses droits.

Cédric Clérin
Rédacteur en chef de l'Humanité


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