24 août 2026

À huit mois du scrutin, la gauche face au défi de l’unité et de la rupture

Huit mois. Le temps qui nous sépare de l’échéance de la présidentielle et des législatives est vertigineusement court quand on en saisit à la fois l’enjeu historique et le chemin à parcourir pour enfin imposer par les urnes le changement radical dont la France et le monde ont tant besoin.

Loin d’un rituel politique ordinaire, la rentrée politique des forces de gauche ce week-end a démontré combien chacune est consciente de l’urgence, après l’été meurtrier d’une planète déréglée par le capitalisme et dix ans de macronisme au service des plus riches, dans un monde ravagé par les guerres, rongé par les haines et les discriminations.

Les programmes se précisent, les alliances et les candidatures se dessinent. La question qui doit obséder les forces de gauche n’est pas tant de savoir qui occupera les meilleures places du podium le soir du premier tour, mais celle, beaucoup plus exigeante, des moyens pour rendre à nouveau possible sa victoire au second tour, avec une majorité à l’Assemblée.

Personne n’y arrivera seul. Et pas sans un programme de rupture nette avec le néolibéralisme. Les crises que nous traversons, l’emballement de l’histoire et du réchauffement climatique, qui s’est encore dramatiquement manifesté cet été, démontrent qu’il n’y aura pas d’ajustements à la marge possible. Et que le temps est compté.

Voilà pourquoi la gauche de rupture ne peut pas se contenter d’être un front de résistance mais bien redevenir un projet de pouvoir. Elle a démontré ce week-end la maturité et la crédibilité de son projet. Bien sûr, communistes, insoumis, écologistes ou socialistes développent des conceptions différentes sur bien des sujets. Il serait vain de prétendre que ces désaccords n’existent pas. Est-ce que cela en fait forcément des gauches irréconciliables ? Non. Ceux qui l’ont théorisé, Manuel Valls en tête, ont mené le pays dans le mur et jeté la colère populaire dans les bras du RN.

La diversité des propositions à gauche doit servir à imposer des thèmes de campagne utiles, loin des obsessions de l’extrême droite qui pourrissent le débat public. L’électorat ne se mobilisera pas par devoir, mais bien s’il est convaincu de l’utilité de son vote. L’histoire ne repasse pas les plats. Mais elle a déjà écrit ses meilleures pages en moins de huit mois…

Maud Vergnol
Co-directrice de la rédaction de l'Humanité