30 mai 2026

Faire entrer la démocratie dans l'entreprise.

"Pour résoudre les crises, il faut démocratiser les entreprises." [Isabelle Ferreras, Alternatives économique, le 30 mai 2026]. L'Ugict CGT s'est engagée à "agir pour un nouveau statut de l’entreprise, distinct de celui de la société d’actionnaires, lui ouvrant une autonomie d’action et de décision, d’opposition et de proposition non sanctionnables face aux actionnaires." [Ugict, 17ème congrès à Dijon] L'idée était bien de "permettre aux salariés dont les ICTAM de peser et exercer un contrôle sur la Responsabilité Sociale et Environnementale de l’entreprise." A l'époque, les enjeux que nous devons relever étaient regroupés dans Responsabilité Sociale et Environnementale que les entreprises ont bien abîmés.

Pour démocratiser l'entreprise, il faut d'abord lui donner une existence organique à l'entreprise. Or actuellement, seule la société d'actionnaires existe, l'entreprise n'étant aujourd'hui faite que des contrats qui lient la société d'actionnaires à chacun de ses fournisseurs, chacun de ses salariés, chacun de ses clients.

Pour démocratiser l'entreprise, il faut ensuite donner une existence organique au collectif de travail. Le pouvoir de la société d'actionnaires s'appuie sur son apport financier. Or le collectif de travail produit la valeur ajoutée et donc remblourse les emprunts et alimente l'autofinancement. Le rapport de force entre société d'actionnaires et collectif de travail est donc donné par le poids respectif entre apport des actionnaires et autofinancement.

Le rapport de force entre actionnaires et salariés.

Ce rapport de force définit la représentation de la société d'actionnaires et de celle du collectif de travail dans l'organe directeur de l'entreprise. La première est gouvernée selon le portefeuille des actionnaires, le second selon la règle "une personne, une voix". La propriété de La faiblesse du statut de coopérative vient du fait qu'elle ignore l'existence du collectif de travail et de l'entreprise.

Si un rentier n'est présent qu'au sein de la société d'actionnaire, un indépendant ou un industriel prend une place essentielle dans le collectif de travail et cette place est reconnue par les travailleurs en général. En tant que membre du collectif de travail, l'industriel contribue à l'autofinancement comme les autres travailleurs. En tant que membre de la société d'actionnaires, il contribue à l'apport de la société d'actionnaires. Il reçoit un salaire comme membre du collectif de travail et recevoir des gratifications en tant que travailleur (primes) et en tant qu'actionnaire (dividendes).

Quant aux propriétés, celle de la société d'actionnaires est granulaire et échangeable, celle du collectif de travail n'est ni fragmentable, ni vendable et ne disparaît qu'avec l'entreprise.