En 2026, reprenons raison. Les riches ploutocrates dépensent tant d'argent pour soumettre le peuple aux émotions au travers de leurs médias, au travers de la formation qu'ils apportent aux candidats d'extrême droite...
Les temps de paix n'ont jamais effacé la guerre sur la planète, mais aujourd'hui, elle se généralise sous la férule de l'oligarchie financière qui est en train de prendre le pouvoir sur le monde.
"Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux"
Depuis la moitié des années 1970, l'Etat doit emprunter sur les marchés financiers, les grandes entreprises publiques ont été vendues, les services publiques soumis aux obligations imposées par des régulations "libres et non faussées" remplaçant la démocratie par la volonté d'une minorité habile à manipuler les autres pour justifier leur appétit. Ils ont accumulé tant de richesses qu'ils peuvent asservir les Etats, comme Trump hier le Vénézuela. Trois empires, les Etats-Unis, la Russie et la Chine, se partagent le monde où ils trouvent suffisamment de vassaux dans les Etats grâce à la collaboration des partis d'extrême droite: l'Italie, la Hongrie, l'Argentine, le Chili, de nombreux pays africains.
Le 20ème siècle nous a montré qu'il ne suffit pas de supprimer le capitalisme pour émanciper le peuple (l'ensemble des personnes qui font société au travers de l'Etat). L'Etat est aussi mauvais propriétaire des unités de production que les actionnaires. Il faut aller plus dans le détail et s'appuyer sur le modèle produit par la comptabilité. La gauche ne peut être que le parti des salariés.Le capitalisme a permis cet enrichissement excessif et est la cause des malheurs qui viennent.
Depuis la pierre taillée, les outils de production ont beaucoup évolué et ils exigent maintenant un financement important. Trois canaux alimentent le financement des entreprises : le capital social rassemblé par le(s) actionnaire(s), l'emprunt et l'autofinancement.
Pour rattraper l'avance industrielle de l'Angleterre, Napoléon 1er a créer le statut de la société d'actionnaires sur le modèle du travail indépendant : la personne physique achète les outils dont il a besoin en immobilisant une partie de son patrimoine et en empruntant et finance à la fois les fournitures entrant dans sa production, son existence, l'entretien de ses outils et le développement de ses capacités de production.
Au fur et à mesure de développement, le travailleur indépendant doit engager des salariés et s'entourer d'un véritable collectif de travail. L'entreprise apparaît, mais deux cents ans plus tard, elle n'a qu'une existence virtuelle et ne dispose pas d'un statut juridique. La valeur ajoutée* produite par le collectif de travail revient à la personne morale propriétaire des outils de production qui rémunère les salariés et dégage un excédent pour rembourser les dettes, entretenir l'outil de production, le développer et rémunérer le capital social (dividendes et rachats d'actions).
Entre 1949 et 2024, le poids des salaires dans la rémunération des personnes est passée de 63% à 92%. Le modèle du travailleur indépendant n'est plus majoritaire depuis plus de 80 ans. Il est temps de faire de l'entreprise un bien commun entre la Société d'Actionnaires (SA) et le Collectif de Travail (CT).
Il faut donc donner un statut juridique au collectif de travail comme à l'entreprise : le développement de l'outil de production améliore la productivité du travail, mais c'est bien le travail qui produit la richesse.
La valeur ajoutée appartient donc au collectif de travail que celui-ci utilise pour rémunérer les salariés, rembourser les dettes souscrites par la Société d'actionnaires, entretenir les outils de production, les développer (reports à nouveau) et distribuer des gratifications selon le bénéfice restant (dividendes à la société d'actionnaires et primes au collectif de travail).Les fonds propres constituent le patrimoine stable de l'entreprise : la société d'actionnaires a apporté le capital social à la création de l'entreprise, le collectif de travail apporte les reports à nouveau à chaque exercie. La gouvernance de l'entreprise doit donc être exercée de façon commune par des représentants de la société d'actionnaires et par des représentants du collectif de travail. Le rapport de force entre les parties constituantes est fixé par la part de chacune dans les fonds propres. C'est ce rapport de forces qui détermine les gratifications distribuées aux actionnaires (dividendes) et aux salariés (primes).
Ce nouveau modèle (le modèle du bien commun) limiterait l'enrichissement excessif de personnes qui cherchent à soumettre la démocratie à leurs intérêts et à remplacer le peu de droit international fastidieusement mis en place par le droit du plus fort.
Les distinctions sociales produites par la fortune mettent en danger la vie ensemble dans le monde d'aujourd'hui. Les nations se recroquevillent sur elles-mêmes, les migrations sont limitées, migrants expulsés même ! L'identitaires fait des peuples "des bandes de vieux cons" comme dirait Georges Brassens. Et les extrêmes droites courtisent les grandes fortunes toutes heureuses de troquer les émotions à la place de la raison pour manipuler les électeurs.
La distribution des salaires par les entreprises ne peut pas produire des distinctions sociales fondées sur l'utilité commune.
Depuis le rapport Cotis, on sait que l'entreprise France consacre 2/3 de sa valeur ajoutée à ses salariés et 1/3 à ses outils de production. Mais depuis l'étude microéconomique menée au sein de l'INSEE à la suite de ce rapport, on sait que la moitié des entreprises ne peuvent consacrer qu'un quart de leur valeur ajoutée à leurs outils de production. Une mutualisation de la distribution des salaires est nécessaire.
Le travail
Le modèle de travailleur indépendant réduit le travail à l'emploi. Or l'activité devient travail quand elle sert les trois dimensions du travail : l'activité, l'ouvrage et le rapport social. La qualification et l'expérience produite par l'activité exercée au bénéfice de la société sont les qualités personnelles qui mesurent bien l'utilité commune que chacun apporte. Quant au mérite le modèle du bien commun (notes, diaporama) le rémunère grâce aux éventuels bénéfices pour encourager la création d'entreprise et l'investissement personnel dans le travail.
Les retraités taxés d'inactifs contribuent énormément aux associations d'une utilité commune essentielle. Si à partir de 60 ans, le modèle du bien commun (notes, diaporama) propose un taux de remplacement de 75% du dernier salaire c'est pour favoriser les adultes en pleine force de l'âge et non parce qu'ils sont inactifs.
Quant au salaire minimum, il est nécessaire pour assurer l'inclusion de tous dans la société au niveau de l'abondance qu'elle génère. Depuis 2017, le modèle assure les trajectoires suivantes, avec un salaire minimum de 2 000 € en 2000 et une évolution suivant l'inflation.
L'outil de production
Le modèle du bien commun assure 1/3 de sa valeur ajoutée à chaque entreprise et en confie l'usage au collectif de travail. La diffusion du progrès technique sera alors mieux répartie entre toutes les structures de production contrairement à ce qui se passe dans le modèle du travailleur indépendant. C'est la politique industrielle mise en place par l'Etat qui devra alimenter les besoins lourds en capital et non plus la mise en concurrence des sous traitants comme le font les grands groupes multinationaux actuellement.
ALSES, l'association pour une loi de sécurité économique et sociale, est un premier pas vers le modèle du bien commun.
La raison est meilleure conseillère que l'émotion.
Dès 2026, reprenons raison.
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Notes
* La valeur ajoutée est la richesse produite au cours de l'exercice, c'est-à-dire le chiffre d'affaires apporté par les clients diminué du prix des fournitures nécessaires à la production.




