3 juin 2026

Deux visions de l'entreprise...

La lutte des classes n'est pas une guerre ethnique, mais l'opposition entre la droite et la gauche est bien inconciliable et porte d'abord sur la vision qu'elles ont de l'entreprise :

  • La droite considère que la valeur ajoutée appartient au propriétaire du capital initial et des augmentations de capital successives;

Le modèle napoléonien de l'entreprise.

La loi qui institue l'entreprise ne crée pas l'objet "entreprise", mais seulement la société (d'actionnaires) comme un contrat entre personnes qui "conviennent de mettre quelque chose en commun, dans la vue de partager le bénéfice qui pourra en résulter." [Code civil des Français 1804/Livre III, Titre IX]

Aujourd'hui, l'entreprise n'a aucune consistance, elle n'est constituée que de contrats passés entre la société d'actionnaires avec chaque salarié, chaque fournisseur, chaque client. Le producteur de la valeur ajoutée (le collectif de travail) n'a pas d'existence légale et ne peut pas exercer son droit d'usage de l'excédent d'exploitation.

  • La gauche considère que la valeur ajoutée appartient au collectif de travail parce que c'est lui qui le produit.

Le modèle de l'entreprise à gouvernance partagée.

C'est le collectif de travail qui produit la valeur ajoutée. C'est lui qui rembourse les emprunts, répare les actifs et conforte les fonds propres en apportant les reports à nouveau. C'est lui qui distribue les gratification (dividendes aux actionnaires et primes aux salariés) sur les éventuels bénéfices après avoir mis en fonds propres le report à nouveau de l'exercice.

La gauche du 21ème siècle, si elle milite pour sortir un certain nombre de secteurs du marché libre et non faussé (le secteur public), n'est pas la gauche du 20ème siècle qui ne parlait que de nationalisation.