4 mai 2016

Ce cauchemar qui n'en finit pas.

Le néolibéralisme (et sa forme sociale démocrate aussi) ne forme pas une doctrine qui s'oppose au socialisme dans un débat démocratique, mais un mode de gouvernement qui oeuvre à la disparition de la démocratie, bien sûr au bénéfice de la classe des propriétaires lucratifs, comme dirait Bernard FRIOT.
Editions La découverte

Comment expliquer l’étrange survie des forces pourtant responsables de la crise économique de 2008, l’une des pires depuis 1929? Comment expliquer que le néolibéralisme soit sorti renforcé de la crise? Au moment de son déclenchement, nombre d’économistes parmi les plus célèbres avaient hâtivement annoncé sa "mort". Ils n’ont vu dans la poursuite des politiques néolibérales que le résultat d’un entêtement doctrinal.

Pour Pierre Dardot et Christian Laval, le néolibéralisme n’est pas qu’un simple dogme. Soutenu par des oligarchies puissantes, il est un véritable système politico-institutionnel obéissant à une logique d’auto renforcement. Loin d’être une rupture, la crise est devenue un mode de gouvernement d’une redoutable efficacité.

En montrant comment ce système s’est cristallisé et solidifié, le livre explique que le verrouillage néolibéral a réussi à entraver toute correction de trajectoire par la désactivation progressive de la démocratie. Accroissant le désarroi et la démobilisation, la gauche dite « gouvernementale » a contribué très activement au renforcement de la logique oligarchique. Ceci peut conduire à la sortie définitive de la démocratie au profit d’une gouvernance expertocratique soustraite à tout contrôle.

Pourtant, rien n’est encore joué. Le réveil de l’activité démocratique, que l’on voit se dessiner dans les mouvements et expérimentations politiques des dernières années, est le signe que l’affrontement politique avec le système néolibéral et le bloc oligarchique a déjà commencé